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11.01.2012

Dans cette ville...(fin)

Après, du temps aura passé, de la routine se sera installée. Un jour, elle déclara qu’elle avait décidé de partir.

 

- Tu vas partir !

- Oui.

- Où ça loin ?

- Loin assez.

- Loin assez ... de moi ?

- Non du centre et de la périphérie.

- Mais il n'y a rien en dehors du centre et de la périphérie !

- Si,  le nord. Un point, c'est tout. Un point qui pourra s’étirer à l’infini et qui ne se rompra jamais

- Le nord ! Mais il fait froid là-bas, et tu n'y es jamais allée !

- J'apprendrai ... avec une boussole.

- Tout de même, ce que tu peux être fantasque.

- Fantasque ! Fantastique, tu veux dire.

- Non, j'ai bien dit fantasque.

- Et ça vient d'où, ce mot ?

-                                 ?

- C'est curieux d'utiliser des mots dont on ne connaît pas l'origine! C'est peut-être un mot de la même famille que bourrasque ?

- Oui, comme un vent mauvais.

-Tiens, c'est la première fois que tu me dis quelque chose de méchant.

- Je ne sais pas ce qui m'a pris. Excuse- moi.

- Je te pardonne.

- Alors comme ça, tu vas me quitter !

- Non pas te quitter, mais le centre et la périphérie, oui.

- Et si je venais avec toi !

- M'accompagner ! Tu serais intéressé par le nord, toi ?

- Absolument pas.

- Alors tu vois.

- Mais ce qui m'intéresse, c'est de rester avec toi.

- Dans ces conditions ... en route vers le nord.

- Mais quand même, qu'est-ce qu'on pourra bien faire une fois qu'on sera vers le nord. ?

- Ah ! Ecoute, je préfère te rassurer. Perds dès maintenant l'espoir d'avoir quelque chose à faire, là-bas.

- C'est vrai, je vais enfin pouvoir me reposer d'espérer ?

- Exactement.

Et notre babillage se poursuivit ainsi, infini, à la manière des espaces que nous allions traverser.

- Et monsieur Filochard, et Jasper, et madame Claudette, ils vont s'inquiéter, ne nous voyant pas alentour.

- On leur écrira une carte postale.

- Quand même ils vont me manquer.

- Tu m'énerves, personne ne t'oblige !

- Bien sûr, bien sûr.

 

Durant notre randonnée, parfois je la contemplais, et j'étais parcouru par un long frémissement testiculaire.

D’autre fois je l’interrogeais : “ Quand tu regardes le ciel, est-ce que tu penses au temps qu’il fait, aux étoiles, ou à Dieu ? ”

- Quand je regarde le ciel, je pense aux galaxies qui s’entrechoquent.

- Vraiment !

- C’est comme ça ksas’passe.

- Tu m’impressionnes.

Mais le plus souvent, je la regardais, les yeux plein de tendresse, et je lui logeais un enfant dans l'âme qui parvenait à maturité à la vitesse de notre désir. Et c'étaient des petits Timides, des petites Tragiques, des petites Dérisoires, des petits Plaisirs qui venaient nous entourer et dansaient de Joyeuses farandoles autour de nos préoccupations.

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