08.12.2011
Police des âmes et des frontières (V)
(Sous/section des prématurés problématiques)
Pièces versées au dossier Christophe.
Pièce N°4
Je me réveille au pied d'un arbre. Des oiseaux tropicaux vont boire à une mare juste à côté. Ils ont une dimension presque humaine. Ils se tiennent debout. J'observe l'un d'eux. Il a de longs cheveux noirs, une mise en pli impeccable. Cet oiseau me fait penser à Leïla.
Puis je vais prendre un petit déjeuner dans un café. Je retrouve Dominique, un ami à lui et ... Jeanne Moreau.
Ensuite nous marchons dans la rue, la discussion porte sur un livre qui va sortir. Il aura comme sujet les stars de cinéma, il détaillera leur filmographie et elles seront interrogées à propos de la volonté qui les a animées pour faire leurs films.
Je dis tout de go que je trouve ça ridicule. Qu'est ce qu'une star peut bien avoir à dire sur la volonté qu'elle a eu de faire des films ?
J'ai parlé d'une façon définitive et je crois avoir été convaincant. En tout cas je suis content de moi. Avec des conversations de ce calibre Jeanne Moreau ne doit pas avoir le sentiment de perdre son temps en compagnie de gens comme nous. Elle est pourtant étrangement passive. Excessivement absente.
Peu importe les détails de l'installation de cette audition. Simplement elle commence.
L'instructeur : Pourquoi Leïla ?
Le rêveur : Pourquoi ? Je ne sais pas... parce qu'elle est un drôle d'oiseau.
L'instructeur : On retrouve vos thèmes. Un besoin d'ailleurs. Une soif d'exotisme. Pourquoi tel un Rousseau vous réveillez-vous au pied d'un arbre ?
Le rêveur : Je crois... lorsque j'ai rencontré Leïla je me suis réveillé d'une longue léthargie. Elle m'a fait entrer dans le réel.
L'instructeur : Oui c'est ça. On se réveille sous un arbre. On va écrire un discours sur l'inégalité ou bien on rencontre une femme-oiseau. Bref une nouvelle vie commence.
D'ailleurs au passage je vous colle une atteinte à l'intégrité de la personne. Un être mi-femme mi-bête quand même. Enfin bon. Passons...
Pas de protestation aujourd'hui ?
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Le rêveur : C'est si vous étiez passé outre que je me serais inquiété monsieur l'instructeur.
L'instructeur : Ensuite vous allez prendre un petit déjeuner. Vous y retrouvez trois personnes. La plus connue étant Jeanne Moreau. Il y a un lien entre ces deux femmes.
Le rêveur : Toutes les deux comédiennes. Autant que je me souvienne l'une avait beaucoup d'admiration pour l'autre. Et puis elles ont en commun des voix. Des voix avec des intonations qui leur sont particulières. Des voix qui résonnent en vous. Avec un registre qui sort du naturel. Qui les font exister comme des ... stars.
L'instructeur : Qui est ce Dominique ?
Le rêveur : C'est un cousin.
L'instructeur : Parlez-moi de votre cousin.
Le rêveur : On était très proches.
L'instructeur : Oui.
Le rêveur : On s'est un peu élévés ensemble.
L'instructeur : Oui.
Le rêveur : Pendant des années on se voyait tous les jours.
L'instructeur : Et après ?
Le rêveur : Plus du tout.
L'instructeur : Pourquoi ?
Le rêveur : Je crois... à cause d'une femme.
L'instructeur : L'histoire des deux pigeons ?
Le rêveur : Non ce n'est pas ça. Je ne voulais pas lui présenter. Je ne voulais pas qu'il la juge.
L'instructeur : Ce jugement était très important pour vous ?
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Le rêveur : Oui à l'époque il devait l'être. En y repensant maintenant je suis sûr que le jugement qu'il aurait pu porter aurait été plein de sympathie et de bienveillance. D'ailleurs elle le méritait. C'était une jeune femme charmante et ravissante. Mais l'idée même qu'il ait une opinion sur elle m'était insupportable. Quelle bêtise ! On a de ces peurs quand on est jeune.
L'instructeur : Et cette femme était le drôle d'oiseau de votre rêve ?
Le rêveur : Non une autre qui l'avait précédée.
L'instructeur : Encore une autre ! Mon Dieu...
Le rêveur : Epargnez-moi vos commentaires.
L'instructeur : Donc pour échapper au jugement de votre cousin concernant cette jeune femme vous ne l'avez plus revu.
Le rêveur : Oui ça a bien pu se passer comme ça. Mais c'est : il y a tellement longtemps. Il pourrait y avoir prescription. Pourquoi les rêves viennent réactiver toutes ces choses ?
L'instructeur : Et cette Leïla de votre rêve il l'a connue ?
Le rêveur : Pas plus.
L'instructeur : La discussion que vous avez au petit déjeuner qu'est-ce qu'elle vous inspire ?
Le rêveur : Elle me fait penser à des diners en ville où nous étions invités Leïla et moi au début de notre relation. Immanquablement les gens l'interrogeaient sur son métier. Ce métier si excitant n'est-ce pas ? Je me souviens qu'elle ponctuait chacune de ses réponses par un voilà qui se voulait conclusif. Mais il y avait d'autres questions qui venaient encore et encore.
Ce n'est pas que ça lui déplaisait de parler de son métier. Elle le faisait volontiers avec des gens du sérail. Mais là je crois qu'elle ne supportait pas d'être traitée comme...
L'instructeur : Un oiseau rare !
Le rêveur : Bravo monsieur l'instructeur. C'est exactement ça... un oiseau rare. Alors vous pensez bien si les diners en ville on a fini par ne plus y aller.
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L'instructeur : Et quel comportement adoptiez-vous pendant ces diners en ville ?
Le rêveur : Je me taisais.
L'instructeur : Vous la laissiez s'enferrer dans ces conversations ?
Le rêveur : Oui j'étais désolé par la tournure des événements. L'agacement qu'elle manifestait. L'entêtement des questionneurs. Mais je ne savais pas comment y porter rémède.
L'instructeur : Alors que dans votre rêve - vous l'aurez noté - vous rattrapez le coup. Vous prenez la parole pour dire : pourquoi ennuyez les stars en les interrogeant sur leur motivation leur travail alors qu'elles n'ont strictement rien à en dire.
Le rêveur : C'est vrai. J'ai toujours eu l'esprit de l'escalier.
L'instructeur : Et puis vous préparez le terrain pour une présentation à votre cousin. Une présentation qui ne s'est jamais faite. Mais dans votre rêve vous vous y connaissez en star. Grâce à une fréquentation quotidienne j'imagine. Désormais vous pouvez parler en leur nom.
Alors votre prise de parole a deux effets. D'abord vous êtes content de vous. Et ça dans un rêve c'est suffisamment rare pour être remarqué.
Le rêveur : Ah oui ! C'est bien quand on est content de soi ?
L'instructeur : Ca dépend du contexte bien sûr. Mais là c'est plutôt positif. Vous montrez une capacité d'action. Une capacité à renouer les fils. Et sur la scène de l'inconscient peu importe que les événements qui les ont cassés se soient passés bien des années auparavant. L'essentiel est que le travail soit fait. Et vous utilisez comme vous l'avez bien dit l'autre jour - l'arme absolue - les mots.
Le rêveur : Vous m'en voyez ravi.
L'instructeur : Et puis deuxième effet de votre prise de parole. La star que vous avez déléguée auprès de votre cousin - comme une émanation de la vôtre qui attend dans la première séquence de votre rêve à côté de son marigot - cette Jeanne Moreau qu'il ne peut que connaître est renvoyée par l'effet de votre prise de parole à son statut de star : inatteignable mystérieuse d'une autre nature. Et voilà que vous redonnez à la star le statut que votre mutisme des temps anciens lui avait fait perdre.
Le rêveur : C'est chouette.
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L'instructeur : Vous êtes un peu déçu quand même. Vous aimeriez bien qu'elle s'enthousiasme un peu plus à vos exploits. Qu'elle manifeste du contentement à être si bien comprise. Mais au fond il est plus logique qu'elle demeure dans cette passivité qui l'instaure autre puisque vous avez fait en sorte qu'il en soit ainsi.
Le rêveur : C'est bien vrai.
L'instructeur : Dans votre rêve vous façonnez une créature indiscutée et indiscutable qui échappe aux jugements des autres. Des autres hommes. Vos rivaux.
Le rêveur : Moi vous savez ce que je vois passer dans ce rêve. Quelque chose qui ne me quitte jamais. Qui est là tapi au fond de moi. Qui aimerait bien surgir à chaque instant mais qui le fait si rarement. C'est si difficile. Ca échoue si souvent... ce serait mon désir d'unanimité.
Puisqu'en se frottant les uns contre les autres ils se frictionnent. Ils s'exaspèrent. Ils s'électrisent. Ils se divisent. Ils ne se comprennent pas. Ils ne peuvent pas se mettre d'accord entre eux. Du moins. Je dis bien du moins pourraient-ils s'accorder autour de ma personne. Qu'autour de moi par moi pour moi se crée un consensus et pourquoi pas une unanimité. Ca ne pourrait pas être pire et qui sait ils y trouveraient du mieux. Parfois je sens même comme une attente chez mes contemporains. Que je me décide enfin à être ce plus petit dénominateur commun. Que je m'érige en sujet souverain réconciliateur de toutes choses. Un être générique qui rassemblerait toutes les différences.
C'est mon fantasme. Mais les moyens me manquent pour mettre en oeuvre un tel projet.
L'instructeur : Et les ruptures comme celle avec votre cousin vous en avez connu beaucoup ?
Le rêveur : Les ruptures c'est l'histoire de ma vie. Ma vie est un empilement de vies. Comme un millefeuille. Que j'adore d'ailleurs. J'adore les millefeuilles. Je me sens tellement proche d'eux.
Des vies j'en ai traversés comme on traverse des univers. Il y a une sympathie naturelle qui nous pousse les uns contre les autres. Et puis on s'habitue. On commence à se jauger. Oh ! au début ce n'est pas bien méchant. C'est ironique. De légères égratignures. Ensuite les jugements se font plus lourds plus insistants. On se retrouve enfermés à l'intérieur de ces jugements. Généralement c'est le moment que je choisis pour m'enfuir... quand on ne me pousse pas délicatement vers la sortie.
Finalement on continue toujours à aller de l'avant en cherchant une unité qui se défait au fur et à mesure que l'on avance.
(Après ce jugement porté sur la vie il se repose comme épuisé.)
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Mais tous ces êtres chers cotoyés pendant quelques mois ou pendant des années ils s'invitent. Ils reviennent me hanter dans mes rêves.
L'instructeur : Vous voulez dire que vous les convoquez.
Le rêveur : Au réveil durant quelques instants une nécessité s'impose - les revoir - mais c'est le quotidien qui revient. Qui impose sa ligne droite. Pas de retour en arrière possible. Quelque chose a été brisé à jamais. A quoi bon !
Mais au moins j'ai une certitude.
L'instructeur : Ah oui ! Laquelle ?
Le rêveur : Cette rupture... celle avec mon cousin. La rupture des ruptures. Qui m'aurait paru totalement improbable si on me l'avait annoncée avant qu'elle ne se produise. D'ailleurs à cette époque je ne théorisais pas sur les ruptures. Je n'en avais pas fait un mode de vie.
Eh bien cette rupture précisément. Au moins celle-là sera rachetée. J'ai la certitude que nous nous retrouverons. Nous serons vieux très vieux enfin plutôt vieux. On sera assis sur un banc de pierre au bord du chemin. On aura une canne coincée sous le menton et on se racontera notre vie. Celle qu'on a vécue ensemble et celle où on a été séparée.
De temps en temps avec une voix rocailleuse je lui dirai : "Oh Dominique tu te souviens ?" Et il se souviendra en abondance car il a cette capacité de faire revenir les souvenirs au présent avec un luxe de détails qui me stupéfie toujours. Il aime les souvenirs pour eux-mêmes. Comme s'il vivait avec eux en permanence. Une sorte de collection qu'il peut contempler quand il le veut.
Ah ! On passera de bons moments j'vous jure.
L'instructeur : Il y en a un qu'on a tendance à oublier un peu. Votre père !
Le rêveur : Ecoutez. Puisqu'il ne s'est pas manifesté dans ce rêve. Laissons-le tranquille un peu.
L'instructeur : Quelque chose me dit qu'il aurait à voir avec cette unité perdue.
Le rêveur : Sans blague.
L'instructeur : Votre père et votre cousin se connaissent eux ? Eh bien ils ont des points en commun. Vous l'aurez noté j'espère ?
Principalement vous avez la curieuse habitude de les placer entre vous et les femmes sur lesquelles se portent votre désir. Si bien que dans un cas elles se métamorphosent en collection de timbres. Mais comme un enfant vous vous faites prendre. Le subterfuge est vite éventé. Et dans l'autre vous les transformer en créatures iconiques starifiées - au delà de toutes opinions de tous jugements bons ou mauvais.
Il y a une certaine identité entre votre père et votre cousin. Non ?
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Le rêveur : C'est possible.
L'instructeur : Dites-moi quelle relation votre père et votre cousin entretenaient-ils ?
Le rêveur : L'un pensait que l'autre avait une mauvaise influence sur moi.
L'instructeur : D'où cette hypothèse que je ferais. Vous lui avez sacrifié votre cousin.
Le rêveur : Un sacrifice ! J'avoue n'avoir jamais envisagé les choses sous cet angle. Mais un sacrifice qui ne pouvait pas lui complaire. Je crois qu'il a été étonné par cette rupture. Il ne l'a jamais comprise.
L'instructeur : Un sacrifice trop radical - qui manquait de mesure.
Le rêveur : Oui en amitié mon père c'est la fidélité fait homme. Cette rupture ne pouvait aller que contre ses principes.
L'instructeur : Encore une de vos façons d'accepter son joug tout en le contestant.
Le rêveur : Il est sûr que ce sacrifice n'était pas du genre qui flatte le nez du Séraphin .
L'instructeur : Baudelaire - Abel et Caïn ! Très bien. Vous l'avez lu l'autre jour.
Le rêveur : Oh je le connais depuis longtemps. C'est même le premier poème que je fais étudier à mes élèves en début d'année. Histoire d'imposer ma marque.
L'instructeur : C'est vrai que vous êtes professeur. J'avais oublié mais je l'ai lu dans votre dossier. C'est un très bon choix. Très bonne introduction. Ca donne à vos élèves d'entrée de jeu l'idée de ce que c'est que l'humanité. Excusez du peu.
Le rêveur : Eh bien imaginez-vous que je serais fautif. Ce ne serait pas au programme des collégiens. C’est ce qu'on m'a dit...
L'instructeur : Oh le programme on s'en fout. C'est même à ça qu'on reconnaît les bons professeurs. A la liberté qu'ils prennent avec les programmes.Le rêveur : Vous croyez ?
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L'instructeur : J'en suis sûr.
Le rêveur : Vous savez quoi ? Puisqu'on est revenu à Baudelaire. Je n'en ai pas eu encore l'occasion mais je voulais vous féliciter pour l'autre jour. AssocierLa géante à mon rêve j'y ai trouvé beaucoup de pertinence.
L'instructeur : Oh je vous en prie. C'est tout naturel.
Le rêveur : Si si. Une telle association c'est la marque d'un esprit fin. A l'écoute des choses de la pensée.
L'instructeur : Mon boulot rien de plus.
Le rêveur : Un boulot dont vous maîtrisez à la perfection les tenants et les aboutissants.
L'instructeur : Je vais vous demander de vous arrêter. A ce qu'il paraît. Suivez mon regard. Les louanges ne me réussiraient pas du tout. A les entendre j'aurais tendance à doubler de volume.
Deux paires d'yeux se fixent dans ma direction. Bien malgré moi je souris.
Il y a un long silence. Puis l'un des deux reprend.
Le rêveur : Un jour mon père m'a dit. C'est bizarre tu n'as gardé aucun de tes amis d'enfance alors que moi pas un ne manque à l'appel (sauf ceux décédés bien entendu - qu'ils reposent en paix - chaque jour je pense à eux) mais à mon âge j'ai encore des amis que j'ai connus dès mes cinq ans.
Alors je lui ai dit comme ça. Papa si on parlait d'autres choses.
L'instructeur : D'accord on va s'arrêter là.
Le rêveur sort. L'autre reprend. Dis-moi machin-greffier. J'ai cru comprendre que pour jeter un oeil sur les minutes de l'interrogatoire je devais me déplacer. Alors je t'en prie ne bouge pas j'arrive.
Quelques instants plus tard il les regarde. Au fait - les virgules. Je voulais t'en parler. Depuis un certain temps on n'en voit plus une seule. Qu'est-ce qui s'est encore passé ?
Elles vous faisaient perdre du temps !
A terme on a calculé que leur suppression permettrait d'économiser dix pour cent d'espace.
A terme... le mot fait sourire. Et puis c'est vrai qu'on manque tellement d'espace dans nos contrées.
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Je suis sûr que vous avez suivi une formation pour apprendre à rédiger sans virgule.
J'en étais sûr.
Et moi personne ne m'a demandé mon avis. Maintenant on se retrouve avec des phrases longues longues comme des vallées qu'il faut survoler avec une sensation de vide au-dessous de soi. Un vertige.
Ou au contraire on prend son souffle son élan et on vient bûter sur des phrases toutes courtes. On se cogne sur des majuscules placées dans tous les coins de ligne.
Oh Virgule sacrifiée sur l'autel de la rentabilité. La douce compagne de mes longues soirées de lecture. Virgule symbole d'une Vie Modérée je t'ai aimée passionnément. Oh Virgule ma défunte sois heureuse loin de ce monde misérable.
Que celui qui a pris la décision de ta dispartion soit maudit jusqu'à la fin des temps. Amen
Sur ce apprenti-exécuteur je ne vous salue pas. Il sort.
Compte-rendu de fin d'entretien.
Je ne sais plus trop ! Quoi dire de ce rêveur hybride ? Qui possède parfois un certain allant. Mais aussi du venant. Avec un malin plaisir il se fait le champion d'une transgression qui n'en est jamais une et qui pourtant le condamne. Je m'explique :
Si on considère que le sujet transgressif est celui qui franchit l’interdit pour mieux retrouver les peurs et les châtiments de l’enfance et en éprouver la jouissance alors on est en presence d’une régression caractérisée ET agravée. Tel n’est pas le cas de ce prévénu qui se confronte en permanence à l’interdit en négociant encore et toujours avec lui mais sans jamais franchir le seuil. C’est là où il se tient. Sur la frontière en lisière. Comme un enfant sage qui se prépare à grandir ou plutôt comme un enfant sage qui se prepare à ne jamais finir de grandir. Je m’explique. Enfin non je ne m'explique pas. A vous de me comprendre chers collègues.
Je le garde encore quelques temps en observation. Je reste à l'affût. Je guette le moindre signe. Un quelconque faux-pas.
Surtout je m'entraîne à écrire sans virgule. C'est parfaitement ridicule,
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